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mercredi 28 août 2013

JE SURVEILLE, TU SURVEILLES ..................... ILS NOUS SURVEILLENT


Plongée dans la "pieuvre" de la cybersurveillance de la NSA

Au fil des révélations, les documents de l’ancien consultant de la NSA Edward Snowden dressent le portrait complexe de l’écosystème de la cybersurveillance américaine, piloté par la toute-puissance Agence de sécurité nationale (NSA). Deux méthodes sont utilisées pour collecter les informations : l’accès direct aux serveurs des grandes entreprises du net ("back door") et la surveillance directe des infrastructures où transitent quotidiennement les communications ("upstream").



PRISM

Métadonnées Internet, et potentiellement données
Les Français potentiellement surveillés

Les Américains potentiellement surveillés
Prism est le premier programme de surveillance électronique à avoir été mis au jour par The Guardian etThe Washington Post, les 6 et 7 juin. Il s’agit d’une série de partenariats conclus progressivement par la NSAdepuis décembre 2007 avec plusieurs géants du net : Microsoft, Yahoo, Google, Facebook, PalTalk, Youtube, Skype, AOL et Apple.
Selon les documents rendus publics par Edward Snowden, la NSA et le GCHQ disposent d’un accès direct à leurs serveurs, surnommé « back door » (porte de derrière) : elles peuvent donc se servir à leur guise dans les données (messages, photos, courriels, chats…), sans intervention des entreprises en question. Dispensée de demander une ordonnance de justice pour chaque collecte, la NSA peut théoriquement transférer en masse sur ses propres serveurs toutes les données liées à des personnes dont elle peut penser « raisonnablement » qu’elles sont à l’étranger – en temps réel ou dans les archives.
Le 12 juin, The Guardian nous apprend que Microsoft a fourni à la NSA la clé de chiffrement de sa messagerie en ligne Outlook, pour lui permettre de contourner son propre système de protection des données de ses utilisateurs. Microsoft a également aidé la NSA et le FBI à accéder aux données de son service de stockage de fichiers SkyDrive, et facilité l’interception d’appels passés sur sa plateforme Skype.
Le 23 août, une nouvelle information publiée par le quotidien confirme l’existence de ce programme : la NSA a remboursé aux neuf entreprises des frais engagés pour mettre leurs systèmes aux nouvelles normes imposées par la FISC. Il s’agit notamment de pouvoir séparer plus efficacement les données des Américains et des non-Américains.
RÉPONSE DES ETATS-UNIS : le programme est légal, puisqu’il a été autorisé par la FISC. En outre, aucune donnée de citoyen américain n’est examinée. La suite des révélations prouvera que de nombreux Américains sont en réalité surveillés « par inadvertance », et que leurs données sont conservées.
RÉPONSE DES 9 ENTREPRISES : elles démentent en bloctoute connaissance d’un accès direct à leurs serveurs. Selon elles, les seules données transmises à la NSA le sont au cas par cas, sur le fondement d’ordonnances judiciaires émises dans le cadre de la loi FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act). Soit à peine quelques milliers de requêtes par an.

TEMPORA

Données et métadonnées
Les Français potentiellement surveillés
Les Américains potentiellement surveillés

Ce programme piloté par le GCHQ existe depuis 2011. Il s’agit d’un « partenariat contraint » avec sept compagnies mondiales de télécom, dont les noms ont été révélés par le Süddeutsche : British Telecom, Vodafone Cable, Verizon Business, Global Crossing, Level 3, Viatel et Interoute.
Celles-ci doivent donner à l’agence de renseignement britannique un accès "illimité" à leurs câbles de fibre optique, où transite l’essentiel du trafic Internet et téléphonique mondial. On ignore encore si cela concerne uniquement le territoire britannique, ou l’ensemble des câbles que possèdent ces entreprises dans le monde.
En plaçant des systèmes de "tapping" sur plus de 200 câbles, le GCHQ aurait quoiqu’il en soit accès à au moins 21 pétaoctets de données de toutes sortes par jour.
Les données sont stockées trois jours, et lesmétadonnées trente jours. Si, au minimum, 250 analystes de la NSA ont pu accéder à ces données, The Guardian suggère que l’ensemble des 850 000 accrédités de l’agence américaine peut également y avoir accès.
Le GCHQ abattrait le "sale boulot" d’interception des communications à la place de sa grande sœur américaine, en contrepartie d’une subvention de 100 millions de livres (117 millions d’euros) sur trois ans.


EVILOLIVE

Métadonnées Internet et téléphone
Les Français potentiellement surveillés
Les Américains potentiellement surveillés
Ce programme, vraisemblablement lancé à la fin 2012, s’attache à collecter la quasi-intégralité des métadonnéesdes communications circulant dans les réseaux des grands opérateurs télécoms américains. A en croire The Guardian, il permettrait de capter "plus de 75% du trafic Internet passant dans ses filtres", et d’archiver pour des années les données jugées intéressantes.
Selon un rapport top-secret de 2009 publié par le quotidien, les "filtres" en question seraient des sondes placées dans plusieurs nœuds stratégiques du réseau américain (fibres optiques, passerelles IP et câbles sous-marins) grâce à des partenariats avec les opérateurs télécoms, permettant à la NSA de récupérer et d’archiver les données en masse. Contrairement au programme britannique Tempora, ces partenariats fonctionneraient sur la base du volontariat. Légalement, ils seraient basés sur des autorisations délivrées tous les trois mois par laFISC.
Au moins trois opérateurs américains collaboreraient ainsi avec la NSA. Parmi eux, plusieurs sources concordantes désignent AT&T et Verizon, les deux leaders américains des télécoms.
EvilOlive serait en réalité le prolongement de plusieurs programmes de collecte de métadonnées initiés depuis octobre 2001 avec les opérateurs télécoms américains. Regroupés sous le nom de code Stellar Wind, ils auraient été arrêtés fin 2011, après que la FISC eut jugé ses méthodes anticonstitutionnelles. Consacrés aussi bien aux données Internet que téléphoniques, ils étaient initialement limités aux communications impliquant au moins un interlocuteur étranger. Mais plusieurs réformes ont permis de collecter des données américano-américaines en toute légalité depuis octobre 2007.
RÉPONSE DE L’ADMINISTRATION AMÉRICAINE : en se contentant de collecter les métadonnées (date de la communication, destinataire…), la NSA ne viole pas la vie privée des Américains.
NOTE : Les documents d’Edward Snowden font également référence à un programme baptisé ShellTrumpet, visiblement complémentaire d’EvilOlive et en place depuis cinq ans. Peu d’information ont filtré sur ce programme, mis à part le fait qu’il a dépassé en décembre 2012 le cap de mille milliards de données collectées. Deux autres programmes de collectes de métadonnées, baptisés MoonLightPath et Spinneret, devaient être lancés en septembre 2013.


FAIRVIEW


Métadonnées téléphone et Internet

Les Français potentiellement surveillés
Les Américains potentiellement surveillés
Fairview est un "programme parapluie" destiné à "contrôler Internet", selon Thomas Drake, un ancien haut responsable de la NSA. Il regrouperait divers programmes de surveillance américains, dont le point commun est la portée internationale :
Des partenariats avec l’Allemagne et le Mexique pour espionner les communications sur leur territoire
Le programme Silverzephyr, qui intercepte les communications au Brésil
Plusieurs programmes d’interception dans les autres pays d’Amérique Latine (Colombie, Venezuela, Brésil, Mexique, Argentine, Aquateur, Panama, Costa Rica, Nicaragua, Honduras, Paraguay, Chili, Pérou et Salvador)
Des partenariats conclus avec des opérateurs télécoms mondiaux, permettant à la NSA de surveiller leurs câbles sous-marins



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