Plongée dans la "pieuvre" de la cybersurveillance de la NSA
Au fil des révélations, les documents de l’ancien consultant de la NSA Edward Snowden dressent le portrait complexe de l’écosystème de la cybersurveillance américaine, piloté par la toute-puissance Agence de sécurité nationale (NSA). Deux méthodes sont utilisées pour collecter les informations : l’accès direct aux serveurs des grandes entreprises du net ("back door") et la surveillance directe des infrastructures où transitent quotidiennement les communications ("upstream").
PRISM
Métadonnées Internet, et potentiellement données
Les Français potentiellement surveillésTEMPORA
Données et métadonnées
Les Français potentiellement surveillés
Les Américains potentiellement surveillés
Métadonnées Internet et téléphone
Les Français potentiellement surveillés
Les Américains potentiellement surveillésCe programme, vraisemblablement lancé à la fin 2012, s’attache à collecter la quasi-intégralité des métadonnéesdes communications circulant dans les réseaux des grands opérateurs télécoms américains. A en croire The Guardian, il permettrait de capter "plus de 75% du trafic Internet passant dans ses filtres", et d’archiver pour des années les données jugées intéressantes.
Selon un rapport top-secret de 2009 publié par le quotidien, les "filtres" en question seraient des sondes placées dans plusieurs nœuds stratégiques du réseau américain (fibres optiques, passerelles IP et câbles sous-marins) grâce à des partenariats avec les opérateurs télécoms, permettant à la NSA de récupérer et d’archiver les données en masse. Contrairement au programme britannique Tempora, ces partenariats fonctionneraient sur la base du volontariat. Légalement, ils seraient basés sur des autorisations délivrées tous les trois mois par laFISC.
Au moins trois opérateurs américains collaboreraient ainsi avec la NSA. Parmi eux, plusieurs sources concordantes désignent AT&T et Verizon, les deux leaders américains des télécoms.
EvilOlive serait en réalité le prolongement de plusieurs programmes de collecte de métadonnées initiés depuis octobre 2001 avec les opérateurs télécoms américains. Regroupés sous le nom de code Stellar Wind, ils auraient été arrêtés fin 2011, après que la FISC eut jugé ses méthodes anticonstitutionnelles. Consacrés aussi bien aux données Internet que téléphoniques, ils étaient initialement limités aux communications impliquant au moins un interlocuteur étranger. Mais plusieurs réformes ont permis de collecter des données américano-américaines en toute légalité depuis octobre 2007.
RÉPONSE DE L’ADMINISTRATION AMÉRICAINE : en se contentant de collecter les métadonnées (date de la communication, destinataire…), la NSA ne viole pas la vie privée des Américains.
NOTE : Les documents d’Edward Snowden font également référence à un programme baptisé ShellTrumpet, visiblement complémentaire d’EvilOlive et en place depuis cinq ans. Peu d’information ont filtré sur ce programme, mis à part le fait qu’il a dépassé en décembre 2012 le cap de mille milliards de données collectées. Deux autres programmes de collectes de métadonnées, baptisés MoonLightPath et Spinneret, devaient être lancés en septembre 2013.
FAIRVIEW

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